lundi 19 décembre 2016

Delta du Danube Octobre-Novembre 2016


Je me suis déjà rendu à de multiples reprises en Roumanie.

La première fois, c'était en 1988 et Ceauscescu était encore au pouvoir...
Mes parents avaient réservé un séjour "Tout Inclus" à Mamaia (à proximité de Constanta) sur les bords de la mer noire.
Malgré mon jeune âge, j'ai conservé pas mal de souvenirs de ce voyage: les files à l'entrée des supermarchés vides, la cohue lors d'un arrivage de choux, les parcs d'attraction dignes des fêtes foraines dans les années 1970, le Coca-Cola qui gouttait le Caramel, etc.
Ce que j'ai également retenu, c'est la gentillesse des gens qui vivaient pourtant sous une dictature.

Quelques années plus tard, durant mes études, j'ai rencontré pas mal de Roumains venus compléter leur formation en Belgique. de cette époque, j'ai conservé de très bons amis: Bogdan C. ainsi que Bogdan et Roxana A.

Lorsque ceux-ci m'ont invités à leurs mariages respectifs, je n'ai pu refusé et me suis rendu à chaque fois en Roumanie. 
J'ai ainsi pu faire connaissance avec leurs familles et leurs amis desquels, avec le temps, je suis devenu assez proche.
Ces mariages furent également l'occasion de visiter le pays: la Transylvanie et Sibiu, la Moldavie avec Iasi et Bacau.
J'en ai de très bons souvenirs à la fois humains et touristiques.

Il y a deux ans, Nathalie et moi avons retrouvé Bogdan C. et son épouse Andrea. Ensemble, nous avons visité les monastères de Bucovine qui sont classés par l'Unesco. Ce fût un nouveau coup de coeur pour moi et un premier pour Nathalie.

Bogdan, qui est un grand pêcheur, m'avait invité à aller pêcher dans le Delta du danube. J'avais décliné l'invitation il y a 2 ans car il allait être papa et que je ne voulais pas le séparer de sa famille.

Lorsqu'il me l'a proposé cette année, je n'ai pas hésité une seconde!

Vendredi 28 octobre 2016  

Je prend le train de 8h09 à Saint-Brieuc et après une correspondance à Rennes, j'arrive à 13h11 à l'aéroport de Roissy CDG.
Je vais tout d'abord à la recherche d'un bureau de change afin d'acquérir quelques Lei. Malgré le taux de change de chez Travelex qui n'est pas du tout favorable, j'arrive à acheter quelques Lei.

Je mange en vitesse deux sandwiches achetés à l'aéroport et commence les formalités d'enregistrement.

Mon vol direct, opéré par la Tarom, décolle à l'heure, c'est à dire à 16h20.

J'arrive à Bucarest à 20h10,  change à nouveau quelques euros en Lei, passe les formalités douanières et récupère mes bagages.

Je m'en vais ensuite manger un morceau de pizza et boire une bière à la cafétaria de l'aéroport.
je me pose ensuite sur un siège dans le hall des arrivées où je dévore des revues en attendant mes compagnons de voyages.

En effets, trois amis français de Bogdan doivent se joindre à nous. il s'agit de Sébastien, Vito et Maxime. Ils viennent tous les 3 de Paris avec un vol via l'Allemagne et me rejoindrons aux alentours de minuit.
Tous les 3 sont des pêcheurs expérimentés et c'est d'aileurs Sébastien qui m'a conseillé sur le matériel à acheter. 

Bogdan, lui, nous rejoindra vers 3 heures du matin avec son ami Adi que j'ai connu lors de mes précédents voyages en Roumanie.

Aux alentours de minuit, je retrouve et fais connaissance avec mes nouveaux compagnons d'échappée qui sont tous les 3 très sympathiques.
Nous buvons quelques bières en attendant Bogdan.

Samedi 29 octobre 2016

Il est comme prévu 3 heures du matin lorsque Bogdan arrive à l'aéroport. les retrouvailles sont chaleureuses.
Adi n'a pas pu l'accompagner car il a été retenu par le travail. Il est remplacé par Tudor (alias Dexter) qui est un ami d'Adi.
Comme je parle anglais, je monte dans la voiture avec Tudor et vito. Nous roulons toute la nuit et faison une pause dans une station service car Tudror à commence à somnoler.

Nous arrivons au petit matin à Tulcea qui est la porte d'entrée du delta. Cette ville n'a aucun charme mais c'est le seul endroit où nous pouvons acheter les permis de séjour et de pêche dans le delta, ce que nous faisons. 
Nous prenons un rapide café dans un bar typique et faisons quelques courses (du vin entre autre).

Ensuite, nous reprenons la voiture jusqu'à Murighiol où nous prenons possessions des deux barques.



Après nous être changés et avoir chargés les deux barques avec nos sacs, la nourriture et le vin, nous appareillons.

Nous faisons d'abord le plein des barques et remplissons plusieurs bidons car l'approvisionnement en carburant est très difficile dans le delta.

Nous découvrons enfin le delta et ses étendues vierges, un peu à l'image d'explorateurs.

Nous découvrons allons pêcher dans deux lacs. Sublime!
Nous pique-niquons sur un lac et j'effectue mes premiers lancés.
Je ne prend malheureusement rien.

Nous voyons des hérons par dizaines et rentrons, de nuit, éclairés par les lampes frontales, jusqu'à la pension.

Apparemment, Tudor n'a pas trop apprécié cette escapade nocturne...

Pour dîner, nous avons droit à du bouillon et du sanglier.

Dimanche 30 octobre 2016

Apparemment, Tudor est malade.
Après un rapide café, nous montons dans les barques. Tudor ne nous accompagne pas et rejoindra d'ailleurs Bucarest aujourd'hui. 

Je continue à "peaufiner" ma technique, nous découvrons d'autres lacs et pique-niquons toujours sur l'eau.

A la fin de la journée, je n'ai toujours rien pris...

Nous rentrons à la pension. Après avoir pris l'apéro dans les chambres, nous nous rendons dans la salle à manger où le repas est loin d'être aussi bon que la veille.
Le bouillon est le même (et sera d'ailleurs le même durant toute la semaine) et est accompagné de poisson frit qui est difficilement mangeable.
Je croque dans un piment, ce qui me fait pleurer durant tout le repas et arrose ce dernier de tuica...

Lundi 31 octobre 2016

 Je me réveille non pas avec une "gueule de bois" mais avec une oesophagite carabinée qui rend très douloureuse toute assimilation de nourriture.

Nous découvrons d'autre lacs et la pêche est toujours infructueuse pour moi.
Mes camarades de voyage eux, arrivent à prendre du poisson.

De retour au gîte, c'est le même cérémonial: apéro dans les chambres et même repas au dîner.

Je me contente de pain trempé dans le bouillon. Sans tuica cette fois...

Mardi 1er-3 novembre 2016

Les jours se suivent et se ressemblent.
Pêche, pas de prise pour moi (même si ma technique s'affine) et même repas du soir.

Vendredi 4 novembre 2016

Hier, pendant le repas, j'ai reçu un message de ma soeur qui me disait que mon père avait fait un malaise cardiaque, qu'il avait été réanimé et qu'il était inconscient au CHU.
Je l'ai rappelée dans la soirée et les nouvelles n'étaient vraiment pas bonnes.
En fait, maman l'a retrouvé mort alors qu'elle l'avait laissé 10 minutes seul à tailler ses rosiers et les secours ont mis une dizaine de minutes pour arriver et plus de 20 minutes pour le réanimer.

Bogdan me propose de rentrer sur Bucarest aujourd'hui mais, dans l'état actuel, je ne peux rien y faire et papa est apparemment déjà en mort cérébrale d'après les dires des infirmières.

Nous sautons dans les barques. nous voyons une dizaine de pélicans. Je ne peux m'empêcher de verser de chaudes larmes en pensant à mon père.
Pourtant, l'ambiance est presque parnormale: les lacs sont d'huile, les hérons s'ébrouent, les pélicans nous survolent et le soleil a une couleur mélancolique. 

En cours de matinée, j'obtiens la triste nouvelle de la part des médecins: mon père est bel et bien en état de mort cérébrale. Le miracle n'aura donc pas lieu...
J'espère juste pouvoir être rentré en Belgique afin du lui dire un dernier "au revoir"...

Malgré quelques touches, entre les séquences de larmes, je ne prend aucun poisson.
Le raps du soir (à nouveau du sanglier) n'arrivera pas à me consoler.

Après le repas du soir, j'ai un message de mon frère qui m'annonce que mon père est décédé. Il n'aura finalement pas pu m'attendre.

Samedi 5 novembre 2016

C'est la deuxième nuit d'affilée que je dors mal. Vu les circonstances, le contraire aurait été étonnant.

Nous sautons dans les barques au petit matin. Après 2 heures de navigation, nous atteignons Murighiol. Nous y laissons les barques et enchaînons avec 6 heures de voiture. Le trajet est juste entre-coupé par une pause de 15 minutes dans une station service. Cette pause est à la fois nécessaire pour l'alimentation du véhicule et des humains que nous sommes.

Durant le trajet, je me rend compte que je ne pourrai avoir aucun vol qui me permettrait d'arriver à Bruxelles le samedi. Il n'y a plus de vol direct le samedi et il n'y en a pas le dimanche. De plus, les vols avec correspondance me feraient arriver plus tard pour un prix exorbitant!

Arrivé à l'aéroport, j'ai la confirmation de ce que j'avais découvert sur internet.

A part un vol low-cost pour Charleroi le dimanche et pour lequel je devrais payer des suppléments de bagages en plus du vol: rien!

Je dois donc me résoudre à passer la nuit dans un motel en face de l'aéroport et à prendre mon vol pour Paris, le lendemain, comme prévu.

Nous disons au revoir à Bogdan. C'est émouvant.

Ensuite, Sébastien, Vito et Maxime me suivent jusqu'au Motel et déposent leurs sacs dans ma chambre. Ils vont faire la fête à Bucarest et viendront reprendre leurs bagages juste avant leur vol. 

Dans ma chambre, je me connecte à internet et ai toutes les peines du monde à réserver un billet de train jusqu'à Liège.
Tous les trains entre Roissy et Bruxelles sont complets!
Je m'oriente donc vers l'autre solution: RER jusqu'à Paris Nord, ensuite Thalys jusqu'à Bruxelles Midi et enfin train jusqu'à Liège.

La vient le problème du paiement. Je dois retirer les billets en France avec la carte utilisée pour la transaction sauf que ma banque n'autorise les paiements sur internet qu'avec des cartes virtuelles!

Finalement, je parviens à payer les billets avec ma carte American Express!

Après une bonne douche, je vais me restaurer au restaurant du motel où je déguste une spécialité régionale avec un bière. Dans le restaurant se déroule ce que je crois tout d'abord être un mariage au vu des tenues des invités. Finalement, je comprendrai qu'il s'agit d'un baptême...

Je ne parviens pas à dormir et suis éveillé lorsque mes nouveaux amis parisiens viennent récupérer leurs sacs. Durant leur soirée, Vito s'est fait voler sa carte bleue...



Dimanche 6 novembre 2016

J'ingurgite un petit-déjeuner de bonne heure au Motel.
J'embarque dans le vol pour Paris de 9h15. Nous attérrissons à 11h35 à Roissy. je récupère mes bagages, me rend à la boutique SNCF pour récupérer mes billets et monte dans le RER. 

j'arrive à paris Nord un peu plus tôt que prévu, ce qui me permet de me rendre dans un Fast-Food afin de manger quelque chose.

A 14h25, le Thalys pour Bruxelles démarre. Il arrivera finalement en retard... Du coup, je rate ma correspondance pour Liège et dois attendre le train suivant, celui de 16h56.

J'arrive finalement à Liège à 18 heures après plus de 30 heures sans dormir.

Mon frère m'attend à la gare avec Nathalie qui doit repartir pour la Bretagne. nous passons quelques brèves minutes dans les bras l'un de l'autre.
Mon frère m'emmène ensuite directement au funérarium. Les visites ont déjà commencé lorsque j'arrive. Le cercueil est déjà fermé... Je ne reverrai donc jamais papa.
Mon amie Anne-Pascale arrive pour me soutenir.

Semaine du 7 novembre au 12 novembre

Nous avons été très occupé par la préparation des funérailles qui ont eu lieu le mercredi 9 novembre.

Le samedi 12 novembre, alors que je regagnais la Bretagne, je me suis fait dérobé mon sac photo dans le TGV, en gare de Montparnasse, juste avant le départ!

C'est pour cela, qu'exceptionnellement, il n'y a aucune photo de ce voyage.

Le pire, c'est qu'aucune assurance n'a pu m'indemniser...






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